Q : Est-il possible de réaliser une voie verte à la place de la ligne ?
R : C’est tout simplement impossible ! Et cela pour plusieurs raisons d’ordre juridique :
- la ligne ferroviaire est protégée par trois conventions internationales tripartites entre la France, la Suisse et l’Italie ;
- elle est également protégée par une convention militaire, en tant que « ligne stratégique » ;
- elle appartient à Réseau Ferré de France qui n’a pas vocation à construire des voies vertes.
Il est clairement stipulé dans les 4 conventions que la ligne doit être maintenue pour assurer à tout moment le passage des trains.
Q : Même si cela était possible, une voie verte est t-elle envisageable sur ce tracé ?
R : Il faut être réaliste, une voie verte à cet emplacement n’a aucun sens, et ce pour plusieurs raisons :
- à ses deux extrémités, la voie verte déboucherai sur des gares ferroviaires en activité ;
- la ligne compte 51 ponts qu’il faudrait sécuriser pour des piétons ;
- la ligne comporte 17 passages à niveaux qu’il faudrait sécuriser au maximum ;
- la ligne compte 2 tunnels, en pente, qu’il faudrait éclairer en permanence ;
- entre St-Gingolph et Lugrin, la ligne surplombe la route, il faudrait donc installer des gardes-corps de 1 mètre de hauteur sur toute cette longueur, car si un piéton ou un vélo tombe dans le talus, nous n’osons même pas imaginer ce qui arriverait.
Une étude réalisée il y a quelques années avait fait ressortir qu’une voie verte sur la ligne ferroviaire coûterait plus chère qu’une 3e voie à la route départementale (dixit Marc Francina) !
Prenons un exemple proche : la voie verte Annecy - Albertville, anciennement une voie ferrée. Face au nombre de plus en plus important d’accidents, de chute, de bagarres entre usagers, entre usagers et riverains, et insistant sur le fait qu’elle n’ait en aucune façon arrangé le problème routier, les maires, et notamment celui d’Annecy, demandent désormais le rétablissement de la voie ferrée, et elle est en cours d’étude.
De plus, il apparaît qu’une voie verte passant au milieu de quartiers d’habitations favorise l’accès des cambrioleurs aux propriétés riveraines.